samedi 18 novembre 2017

Knut, Ukyo & Ulysse

Je viens de terminer la correction de deux nouvelle écrites cet été et cet automne, juste après avoir publié "Des chardons dans la garrigue".

- La première, intitulée "Knut homme échasses", reprend le personnage de Knut  le coureur qui apparaissait dans le roman "Brûler à Black Rock". L'histoire se déroule à Boulder, dans le Colorado. La nouvelle fait 40000 signes. 

- La seconde, "Ukyo Ulysse Express" a pour cadre une île des Cyclades et s'intéresse à la rencontre de deux hommes que tout oppose. Je me suis efforcé de l'écrire au présent en guise d'exercice pour un prochain roman. Cette nouvelle fait 80000 signes (contre 100000 pour la première version).

Je vais maintenant commencer à travailler sur les préparatifs de mon prochain roman. Et certainement écrire une autre nouvelle dans le même temps.


jeudi 16 novembre 2017

L'extrait du... 16 Novembre

La relecture de tous les bouquins de John Fante que je viens d'entreprendre me plonge dans un état de ravissement indescriptible.
Bukowski avait bien raison. Tout y est...


"Tu lis tout le temps, il m'a dit. T'as jamais essayé d'écrire un livre?"
Ca a fait tilt. Dès cet instant, j'ai voulu devenir écrivain.

"J'en écris un en ce moment même", j'ai dit.
Il a voulu savoir quel genre de livre.
"Ma prose n'est pas à vendre, j'ai répondu. J'écris pour la postérité.
- J'ignorais ça, il a fait. T'écris quoi? Des nouvelles? Ou de la fiction pure?
- Les deux. J'suis ambidextre.
- Oh! J'ignorais ça aussi."


John Fante - La route de Los Angeles

jeudi 2 novembre 2017

Le retour de John

De retour d'un périple dans l'ouest américain qui s'est achevé à Los Angeles, j'ai décidé de me replonger dans la lecture de John Fante. J'ai peuplé les heures imbéciles passées dans le Boeing 777 à l'aller comme au retour à tenter de conserver mon enthousiasme en lisant "Les frères Karamazov" de ce bon vieux Fédor. Mais une fois de retour sur le sol français, j'ai vu avec émotion les 2 premiers volumes de l'intégrale des romans de Fante qui m'attendaient sur ma table de nuit. Et comme les choses sont parfois bien faites, le premier roman du premier tome de cette intégrale en trois volumes de chez Bourgois démarre avec "La route de Los Angeles". 
Relire (je devrais plutôt dire re-relire) John Fante reste un plaisir sans cesse renouvelé dont je ne me lasse pas. C'est la quatrième fois en vingt ans que je lis ce premier roman que pourtant l'auteur n'a publié que quelques années avant sa mort, au milieu des années 80. Aujourd'hui, je ne peux qu'admettre la réalité : sans John Fante, jamais je ne me serais remis à écrire. Et jamais je n'aurais autant aimé lire. 
Je ne saurais que vous encourager à vous plonger dans l'oeuvre de John Fante, très souvent et injustement saluée par la critique bobo branchouille que pour "Mon chien stupide" qui reste certes un roman sympathique mais qui n'a pas la verve ni l'emphase dramatique, ni même la rage - en un mot le caractère - de ce premier roman ou du formidable "Demande à la poussière". Mais qu'importe. Soyons magnanime. Tout est bon chez Fante. La preuve avec un extrait de "La route de Los Angeles" traduit par le toujours inspiré et incontournable Brice Matthieussent. 
Il s'agit de l'extrait d'une lettre que le narrateur, Arturo Bandini, laisse à sa mère à la fin du roman pour expliquer son départ de la maison où il vit seul avec sa génitrice et sa sœur. 

" Chère femme qui m'a donné la vie,
les vexations et les perturbations insupportables de cette soirée se sont subséquemment résolues en un état qui me précipite, moi, Arturo Bandini, vers une décision aussi gargantuesque que pantagruélique. 
Je vous en informe donc en termes décisifs. Ergo, je vous quitte sur l'heure, ainsi que votre charmante fille (ma soeur bien-aimée Mona) pour partir à la recherche des fabuleux usufruits de ma carrière naissante dans la plus profonde des solitudes. En d'autres termes, ce soir je pars pour la métropole orientale - notre Los Angeles, la cité des anges... Bien que sans le sou, je vous somme en termes catégoriques de mettre un terme à votre anxiété cérébrale relative à mon destin, car il repose véritablement entre les mains des dieux immortels. Au fil des ans, j'ai fait une lamentable découverte: vivre avec vous et Mona est totalement délétère et incompatible avec le but élevé et magnanime de l'Art "

vendredi 13 octobre 2017

Changement d'horizons...

Publications entre parenthèses les deux prochaines semaines pour cause de périple chez l'oncle Sam... RDV fin Octobre !

mercredi 11 octobre 2017

L'extrait du... 11 octobre

Je viens de me plonger dans la lecture des 970 pages de l'édition Folio de "Les frères Karamazov". Un pavé qui devrait remplir de façon efficace les heures de vol entre Lyon et San Fancisco dans les prochains jours. 
C'est l'occasion de signaler un extrait  de ce bouquin écrit en 1880 mais qui reste d'une actualité piquante.

"A présent chacun aspire à séparer sa personnalité des autres, chacun veut goûter lui-même la plénitude de la vie ; cependant, loin d’atteindre le but, tous les efforts humains n’aboutissent qu’à un suicide total, car, au lieu d’affirmer pleinement leur personnalité, ils tombent dans une solitude complète. En effet, en ce siècle, tous sont fractionnés en unités. Chacun s’isole dans son trou, s’écarte des autres, se cache, lui et son bien, s’éloigne de ses semblables et les éloigne de lui. Il amasse de la richesse tout seul, se félicite de sa puissance, de son opulence ; il ignore, l’insensé, que plus il amasse plus il s’enlise dans une impuissance fatale."

vendredi 6 octobre 2017

L'extrait du... 6 Octobre

Ayant achevé hier, après 20 jours de travail moyennement acharné d'écrire le premier jet d'une nouvelle de 100 000 signes environ, provisoirement intitulée "Ulysse", je ne résiste pas au plaisir de diffuser ici-même un extrait du "Ulysse" de Joyce. Il s'agit d'un extrait du Chapitre XII "Les Cyclopes", dans la traduction supervisée par Jacques Aubert pour Folio. 
"A propos de la nouvelle Irlande il devrait commencer par se payer un nouveau chien. Cet animal galeux et boufferont qui passe son temps à renifler et à éternuer partout dans tous les coins et qui gratte ses croûtes et le voilà qui va tourner autour de Bob Doran qui régalait Alf d’un demi et qui se met  à le lécher pour essayer d’obtenir quelque chose. Et ça manque pas. Bob Doran se met à faire le con avec lui :
– Donne la patte ! Donne la papatte,, chienchien ! Mon bon chien. Donne la patte, là, c’est bien ! Donne la papatte !
Et merde ! Foutre de patte qu’il voulait patoche et Alf qui essayait de l’empêcher de dégringoler de ce foutu tabouret sur ce foutu clébard et l’autre qui n’arrêtait pas de radoter sur le dressage par la douceur, un chien de race, un chien bien intelligent : je t’en foutrais, moi. Le voilà qui se met à gratter les vieilles miettes de biscuits dans le fond de la boîte de chez Jacob qu’il avait demandé à Terry d’apporter. Putain il a gobé tout ça comme une vieille paire de bottes et il  tirait un bout de langue long d’un mètre pour en redemander. C’est tout juste s’il n’a pas bouffé la boîte et le reste, ce sacré goulupatte de bâtard."

James Joyce - Ulysse - Folio (1664 pages, 13 €)