Pourquoi

Avant il y a eu le blog "au croisement des utopies" remplis de textes accumulés des années durant dans les tiroirs de mes nuits, dans les pages de mes cahiers et dans les disques durs de mes ordinateurs. 
Avant je lisais beaucoup. Le problème quand on lit beaucoup et qu'on se pique d'écrire, c'est qu'on réalise bien vite qu'on ne tient pas la distance, qu'on n'est qu'un petit branleur sans talent, sans tripes et sans couilles. 
Alors, il y a 8 ans, après quatre romans restés dans mes tiroirs, j'ai renoncé à l'écriture au long cours pour me consacrer à d'autres choses. Malgré tout, j'ai continué d'écrire un peu, par intermittence, des lignes courtes, des textes secs et rapides, le temps d'un trajet en train, d'une attente. Parce que depuis l'enfance j'ai toujours aimé ça, inventer des personnages, des scènes, ce jeu superbe et magique qui commençait dans la cour de récréation par un génial "on dirait que..."

Et puis il y a deux ans le besoin de l'écriture au long cours m'a rattrapé. Un projet de roman deux fois avorté que j'ai repris et que je suis en passe de terminer. La réconciliation avec soi-même c'est quelque chose... Le travail ça ne remplace pas le génie mais ça aide à avancer. Oui je sais, je ne suis qu'un petit branleur sans talent, sans tripes et sans couilles. Mais je conchie les censeurs, j'aime ce que je fais. Parce qu'il s'agit du fil qui m'empêche de devenir tout à fait fou. Et que mes enfants ont besoin d'avoir un papa qui tient encore la route quelques temps. Le temps qu'ils grandissent suffisamment pour choisir eux-mêmes leur propre folie, celle qui les sauvera d'eux-mêmes et des autres. 

Le croisement des utopies est mort il y a huit ans. Les utopies sont à portée de nos mains, mais plus que jamais le quotidien se charge de les assassiner, de les saloper, dans un monde livré à des fous qui font de nos vies des trottoirs remplis de merdes et de déjections libérales, de chiffres et de rendement, de profit et de capital. Il est temps de passer au napalm toutes les dystopies que nos glorieux aînés avaient imaginées et que nous avons laissé nous envahir. La littérature comme un moyen d'entrer en résistance, parce que les autodafés mon bon monsieur, ma bonne dame, et bien ça existe encore. 

Il sera ici question d'écriture et de la promotion de mes textes -gratuits ou non-, de lectures et de tout ce qui justifiera au moment opportun de s'étonner, de s'énerver, de justifier, de glorifier ou de condamner. Parce que je suis peut-être un petit branleur sans talent, sans tripes et sans couilles mais je ne suis pas encore à l'asile. 

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